Actualité

Mardi 30 septembre 2008 2 30 /09 /2008 12:49
Forces Militantes se félicite que toute la gauche du P.S soit rassemblée dans une motion commune pour le prochain congrès de Reims.

Dans sa contribution « Debout la gauche ! », Forces Militantes a plaidé avec force pour un congrès de clarification des positions politiques du P.S permettant, dans la fidélité aux valeurs fondamentales du socialisme, de l’ancrer véritablement à gauche :

- clarification pour, face à la crise et à l’urgence sociale, promouvoir un autre partage des richesses et rendre au travail ce qu’il a perdu au profit du capital
- clarification pour, face à l’urgence démocratique, rétablir la souveraineté populaire en rompant avec la Vème république et avec la construction libérale de l’Europe
- clarification dans les alliances : A gauche sans exclusive

La motion commune (rassemblement de 7 contributions), dont Benoît Hamon est le premier signataire, reprend ces principaux thèmes.

C’est pourquoi, tout en gardant évidemment sa spécificité, Forces Militantes est partie prenante du rassemblement qui s’est opéré pour donner une ligne clairement à gauche au Parti Socialiste.

C’est dans cet esprit que ses militants participeront pleinement, dans les prochaines semaines, aux débats du congrès.

Le 24/09/2008 :
Par Forces Militantes 54 - Publié dans : Actualité
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Vendredi 12 septembre 2008 5 12 /09 /2008 06:33
mardi 9 septembre 2008, 08:36

Où va le PS ? Cette question, ses militants et adhérents et sa base sociale et électorale qui, à ce jour, reste la plus forte composante du peuple de gauche et du salariat en France, se la posent bien évidemment.

Elle a été méchamment ravivée par les palinodies de la Rochelle. Mais même à la Rochelle, il y avait deux étages : celui des chefs et des médias, et celui des militants, avec, là, une réunion-débat sur la laïcité à laquelle participait Jean-Luc Mélenchon, ici, une réunion sur le Code du travail avec Gérard Filoche, et, dans les couloirs, la table de presse de nos camarades de l'OS (Offensive Socialiste !) vendant l'excellent petit livre de Julien Guérin et Jean-François Claudon, Les jeunes socialistes d'Epinay à la génération CPE, aux éditions de l'OURS, 7,5 euros.

A la Rochelle et plus encore dans le pays, l'étage de ceux d'en bas en a ras la casquette, car il n'y a pas d'opposition politique à Sarkozy au niveau des dirigeants du PS.

Cela à cause, non d'abord des personnes et de leurs ambitions comme on le dit souvent, mais des orientations politiques et des forces sociales qui les sous-tendent. La liquidation du PS comme parti issu du mouvement ouvrier, sa transformation en une sorte de "parti démocrate" qui pourrait bien être sa disparition pure et simple, sont le programme politique de deux des principaux courants qui le dirigent. Celui qui veut comme "présidentiable" le maire de Paris Bertrand Delanoë et qui, ironie de l'histoire, alors qu'il entend être le courant libéral français, est dépassé verbalement sur la gauche par les discours d'Hillary Clinton à la convention démocrate de Denver, aux Etats-Unis ! Celui qui voudrait poursuivre avec la "présidentiable" qui a fait élire Sarkozy, Ségolène Royal -parmi lequel des militants sincères et des jeunes qui veulent voir en elle l'alternative à Sarkozy. Face à ces deux courants "liquidateurs" la direction du PS, dont l'orientation de fond est la même -c'est l'acceptation du capitalisme et donc des contre-réformes qu'il exige quel qu'en soit l'habillage- est bien en peine d'apparaître comme différente, et apparaît surtout comme accrochée à son appareil ...

Mais y a-t-il encore une gauche dans ce parti ? La réponse est oui, sans même parler des courants : car la base sociale et électorale est cent fois plus à gauche que n'importe lequel des dirigeants. Mais si la question se pose, c'est parce qu'après avoir fait passer le Non à la soi-disant constitution "européenne" en 2005 l'essentiel des dirigeants de la "gauche du parti" ont rallié la synthèse des Oui et des Non, réalisée contre le peuple de gauche au congrès du Mans en 2005 pour interdire une alternative politique dans ce pays, et dont la conséquence a été l'opération Ségolène Royal avec le résultat à la présidentielle que l'on sait. C'est la méthode du confusionnisme politique à l'oeuvre dans cette synthèse qui continue dans les projets confus d'alliance derrière une troisième supposée "présidentiable" que serait Martine Aubry. Elle ne saurait avoir d'autre effet que d'enterrer tout véritable changement.

Car un vrai changement serait une vraie opposition à Sarkozy. Une opposition maintenant, et non pas la mise en oeuvre par les conseils régionaux et généraux de la politique voulue par son gouvernement et par le patronat, ralliement de l'autre force liquidatrice du lien au mouvement ouvrier qui apparaît dans la préparation du prochain congrès du PS à Reims : celle des "barons" (le terme est exact) locaux, les Guérini, Colomb et autres. Enfermer le "débat" dans le "choix du présidentiable" dés maintenant, c'est en réalité choisir d'attendre 2012 pour ne pas s'opposer à Sarkozy maintenant. C'est le fond politique qui explique les "ralliements" au pouvoir de Sarkozy des Kouchner, Besson, Amara et compagnie. Quand on ne s'oppose pas, pourquoi ne pas se rallier ?

La gauche dans le PS comme dans le pays c'est l'opposition frontale et réelle à Sarkozy, qui ne recule pas devant l'action pour le combattre, le défaire et le chasser.

Deux regroupements nous semble-t-il vont dans ce sens. Parmi les contributions issues des courants ayant combattu pour le Non en 2005 -au nombre de cinq : Nouveau Parti Socialiste (Henri Emmanuelli et Benoît Hamon), Trait d'Union (Jean-Luc Mélenchon), Gauche Avenir (Marie-Noelle Liennemann, Paul Quilès), Forces Militantes (Marc Dolez) et Démocratie et Socialisme (Gérard Filoche), deux d'entre elles, celles de Forces Militantes et de Trait d'Union, se sont regroupées sur les points suivants :
  • le retrait des troupes françaises d'Afghanistan,
  • la hausse massive des salaires,
  • la "planification écologique",
  • la rupture avec le traité de Lisbonne,
  • une "VI° République parlementaire, laïque et sociale",
  • et en indiquant qu'ils refusent toute alliance à droite (du type Modem) et sont pour toute alliance à gauche (avec la LCR-NPA par exemple).

Et chez les jeunes, nos camarades de l'Offensive Socialiste sont en train de s'affirmer comme le courant le plus dynamique, le plus créatif et potentiellement le plus attractif du MJS !

Les cinq courants "de gauche" doivent s'unir sur les bases dessinées par le premier regroupement entre Trait d'Union et Forces Militantes. De même que dans la lutte sociale c'est en refusant le "dialogue social" que travailleurs et syndicats s'unissent contre les patrons, ici c'est en se délimitant de la droite, des barons locaux qui font sa politique, des libéraux et des partisans du traité de Lisbonne que la gauche dans ce parti peut et doit exister à nouveau.


Militant – 18 rue Victor Massé 75009 Paris
Contact : 06 87 24 84 55
http://www.le-militant.org
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Vendredi 25 juillet 2008 5 25 /07 /2008 20:11

Le Parlement, réuni en congrès à Versailles ce lundi 21 juillet, a donc adopté de justesse (1 voix de plus que la majorité requise des 3/5) la révision de la Constitution voulue par Nicolas Sarkozy.

Ce résultat n’a été acquis qu’à l’arraché, à coups de pressions et de menaces, mais surtout grâce aux voix de Jack Lang et de plusieurs élus radicaux de gauche.

Toutes les conséquences politiques devront être tirées de ces défections-trahisons qui donnent à Sarkozy le coup de main nécessaire et lui évitent un cinglant revers.

Pour ma part, j’ai résolument voté contre cette dangereuse révision qui renforce  l’hyperprésidentialisation de la 5ème République : voir mon blog des 4 juin et 29 mai 2008.

Le Parti Socialiste s’honorerait de dire, clairement et dès maintenant, que jamais il ne renoncera à rompre avec la 5ème République et à promouvoir une nouvelle République, sociale, laïque et parlementaire.

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Samedi 23 février 2008 6 23 /02 /2008 16:07
La Constitution Européenne
Le 02/02/2008 :
Grand rassemblement populaire le samedi 2 février pour exiger un référendum !
Lundi 4 février, le Congrès des parlementaires se réunit à Versailles pour voter la modification de Constitution nécessaire à la ratification du nouveau traité européen. Ce traité s'inscrit dans la suite du Traité constitutionnel rejeté par une majorité en France et aux Pays-bas, par référendum. Nicolas Sarkozy veut contourner le vote populaire et refuse le référendum. S'il persiste dans son refus de donner la parole au peuple sur un texte qui engage l'avenir du pays, les députés et sénateurs peuvent l'y contraindre , si 2/5 d'entre eux cotent contre la révision de la Constitution, le 4 février, à Versailles. Et cela, quelle que soit leur positon sur le traité. Dans la diversité de nos opinions, nous appelons en urgence à nous retrouver ensemble, tous ensemble, le 2 février, pour empêcher ce déni de démocratie et exiger la tenue d'un référendum!

Halle Carpentier - 81 boulevard Massena - Paris 13° - M° Porte d'Ivry
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Samedi 23 février 2008 6 23 /02 /2008 16:04
Le 05/01/2008 :
" Le mouvement social d'automne 2007: l'histoire d'une opposition entre la base et la tête, entre les travailleurs, la jeunesse et les appareils syndicaux et politiques."
"Au mois de septembre, Fillon déclarait diriger “un Etat en faillite”. Fillon exprimait ainsi les angoisses de la bourgeoisie française, de plus en plus inquiète du déséquilibre catastrophique de la balance commerciale, de la charge menaçante de la dette, de la situation financière difficile de nombre d’entreprises petites et moyennes et des menaces d’OPA qui pèsent sur les entreprises du CAC 40 (les bénéfices de celles-ci en faisant des proies attirantes).
Certes, l’état de l'économie de la France s'inscrit dans le contexte d’une économie mondiale bien malade, et n'a rien d'exceptionnel : la crise du « subprime » qui a éclaté cet été aux Etats-Unis a immédiatement touché la planète financière tout entière. Mais la situation qui prévaut pour les salariés français fait de plus en plus figure d'exception. À l’issue de la Seconde Guerre Mondiale, puis par de puissantes mobilisations (la grève générale en 1968 notamment), les travailleurs avaient arraché d’importants acquis sociaux : élargissement du système d'accès à l'éducation, gratuit pour tous, Sécurité sociale, limitation de la concurrence entre les travailleurs via le CDI et le statut de fonctionnaire... Dans les pays voisins avaient également été obtenus de tels acquis sociaux. Mais, dans la plupart des pays, cela fait déjà quelques années que ces acquis ont en partie été détruits (avec Thatcher en Grande Bretagne, Schröder en Allemagne).
Les entreprises françaises ont ainsi du “retard” sur cette régression sociale et la période de crise qui s'amorce les incite à accélérer ces réformes. Le programme de Sarkozy répondait à ces exigences. Une fois élu, Sarkozy dut s'atteler à la tâche. Mais si ses objectifs étaient clairs, il avait conscience que ce “retard” dans les réformes n'était pas dû à quelques fainéantises des gouvernements précédents mais à la résistance des travailleurs et étudiants (en témoigne le mouvement contre le CPE).
La principale difficulté du gouvernement était donc une question de méthode : comment faire passer la pilule de la destruction des acquis sociaux? Face au mouvement social de cet automne les tactiques déployées par le gouvernement forment un bel exemple de la méthode Sarkozy. Retracer ce mouvement nous permettra donc de les déceler, de les comprendre afin de ...mieux les contrer, une prochaine fois ?

Un mouvement pugnace qui mit en échec le calendrier des réformes de Sarkozy

La première caractéristique du mouvement de cet automne est d'avoir su mettre en échec le calendrier des réformes de Sarkozy, calendrier visant à empêcher une possible conjonction des résistances. Afin d'éviter un nouveau mouvement du type anti-CPE, la réforme de l'université fut votée cet été. De même la loi relative au service minimum fut publiée en août. Sarkozy profita ainsi de la victoire récente de l'UMP aux élections, mais également de l'absence des étudiants dans les facs, pour faire passer ces deux réformes importantes. Les « négociations » sur la réforme des régimes spéciaux commencèrent en septembre, après le vote des réformes de l’été et avant celles prévues dans la Fonction publique.

Mais la grève du 18 octobre marqua un premier pas dans le dérèglement du calendrier sarkozyste. Elle fut massive (il faut ainsi remonter à 1953 pour trouver des chiffres aussi forts à la RATP et à la SNCF) et non catégorielle (dans certaines académies le SNES dut appeler à la grève, des étudiants et des entreprises du privé se joignirent également à cette grève). La grève du 18 bloqua les négociations sur les régimes spéciaux, et impulsa la poursuite du mouvement social : du 18 octobre au 13 novembre, manifestations (contre la loi Hortefeux...), grèves (Air France, Opéra...), appels à la grève se multiplièrent (cheminots, fonction publique, magistrats...); le mouvement étudiant perça le blocus médiatique début novembre. Le 13, les cheminots engagèrent une grève qui fut reconduite jusqu'au 20, rejoignant ainsi l'appel des fonctionnaires; les étudiants se joignirent à eux, leur mouvement crut massivement en une quinzaine de jours (4 facs perturbées le 7 novembre, 15 facs bloquées le 11 -25 mobilisées-, et 28 bloquées le 20 -une quarantaine perturbées-). Les grèves non catégorielles du 18 octobre et du 20 novembre ainsi que le principe de reconduction de la grève, adopté pour le 13 novembre, soulignent la conscience chez les travailleurs et étudiants que les attaques du gouvernement de Sarkozy contre leurs acquis sociaux correspondent à une politique globale, que seule une grève générale pourra contrer. Malgré cette nette conscience, après le 20 novembre le mouvement chancela. Les cheminots furent appelés à rentrer au nom du “on ne peut faire grève pendant un mois de négociations”. Quant aux étudiants, ils ne rentrèrent vraiment que la dernière semaine avant les vacances de Noël, après que les lycées les aient brièvement rejoints, et après avoir obtenu un soutien tardif des chercheurs.
Ainsi, si le mouvement d'automne montra une forte pugnacité, il échoua. Retracer ce mouvement en considérant les travailleurs et étudiants seuls -indépendamment de la politique suivie par leurs organisations- mène à une incompréhension. C'est oublier que ceux-ci se sont battus dans un contexte politique, déterminé essentiellement par la politique des appareils syndicaux et des dirigeants politiques.

La politique de Sarkozy s’est appuyée sur les directions syndicales

Côté syndicats, Sarkozy a brillé en la matière : de telles organisations, constituées afin de défendre les intérêts des travailleurs, peuvent être assez puissantes pour contrer les réformes qui visent à instaurer des régressions sociales. Les réformes de Sarkozy comportant des attaques importantes contre les acquis des travailleurs, son premier souci fut donc d'essayer de mettre à son service ces appareils. La méthode qu'il décida de privilégier consiste à associer les dirigeants syndicaux à l'”élaboration” de ses réformes. Sarkozy synthétisa le 18 septembre l'une des leçons qu'il a tirées lors du mouvement contre le CPE : “Le dialogue social ne doit pas être un alibi à l’inaction; mais l’urgence de l’action ne saurait justifier qu’on méprise le dialogue social”. Le dialogue social est une méthode efficace pour empêcher tout mouvement social : les dirigeants acceptant ainsi de discuter les réformes de Sarkozy, ils sont amenés à les modifier en bordure, et acceptent de facto leur principe. A cette fin, Sarkozy à peine élu réunit les dirigeants syndicaux. Il les réunit avant même de former son gouvernement, ce qui constitue une grande première dans l'histoire politique française, et les attela à la table des négociations.
Par conséquent, bien que les grandes lignes de la LRU étaient concoctées depuis février, Julliard ne remit pas en cause le principe même de cette loi, “l'autonomie des universités”, et suite aux négociations il se félicita d'avoir gagné...le retrait de la sélection à l'entrée du master (!). Il menaça en juin d'une grève en octobre, et en octobre, alors qu'une partie de l'UNEF (dite « minorité ») tentait d'informer et d’impulser le mouvement de contestation, il donna l'ordre à sa fraction au sein de l’appareil de dévier le combat pour le retrait de la LRU vers d’autres questions (logement, bourses...). Et il expliqua, le 6 novembre, alors que le mouvement contre la LRU allait croissant :"On ne veut pas faire une mobilisation exclusivement sur l'abrogation car c'est un objectif qui ne nous semble pas atteignable".

Qui doit définir les revendications ?

On pourrait rappeler à Julliard que, lorsque l’UNEF engagea le combat contre la guerre d’Algérie ou, en 1986, le combat pour le retrait de la loi Devaquet, elle se détermina selon ce qui lui semblait être une question de principe et une nécessité, non sur le pseudo-critère de « réalisme ».
Mais constatons simplement que, à l’automne 2007, la mobilisation des étudiants s’est engagée sur une revendication nette et claire : l’abrogation pure et simple de la loi Pécresse. Ce fut l’exigence votée massivement dans toutes les Assemblées Générales ; ce fut l’exigence affirmée par toutes les coordinations nationales : la coordination du 28 octobre exigea l'« abrogation inconditionnelle de la LRU »; celle du 11 novembre « condamne toute négociation » et celle du 18 novembre répéta : « cette réforme n’est ni amendable ni négociable » ; enfin, celle du 25 novembre demanda « au bureau national de l’UNEF de prendre clairement position pour l’abrogation de la loi Pécresse, et de cesser toute négociation jusqu’au retrait de cette loi ». Mais la direction de l’UNEF se dressa contre cette volonté : ce faisant, elle encouragea le gouvernement à la fermeté et affaiblit la mobilisation.

De leur côté, les cheminots se trouvèrent confrontés aux mêmes difficultés. L’ampleur historiquement exceptionnelle de la grève du 18 octobre traduisait clairement leur refus de la réforme des régimes spéciaux. Mais, à l’inverse de cette volonté, la CFDT se prononçait, le 18 octobre, pour « une réforme plus équilibrée » ; quant à la direction de la CGT, elle ne formula jamais l’exigence du retrait pur et simple de la réforme gouvernementale et, le 18 octobre, Thibault réclamait « un réel espace de négociation », c'est-à-dire demandait à poursuivre la négociation avec le gouvernement qui duraient depuis un mois déjà.
Néanmoins, la grève du 18 octobre avait été si massive que les négociations syndicats-directions qui devaient commencer au niveau des entreprises, comme le voulait le gouvernement, furent bloquées et les syndicats durent appeler à la grève le 13 novembre, reconductible cette fois-ci. La menace d'un conflit qui pourrait mettre à mal le gouvernement se profila aux premiers jours de novembre, le mouvement contre les régimes spéciaux étant, entre autres, de plus en plus renforcé par celui des étudiants. Vingt jours plus tard, le mouvement des cheminots fut brisé et le gouvernement à peine effleuré. Les Echos expliquèrent que si, pour le gouvernement, « tout n’a pas marché comme prévu », si la tentative de « retournement de l’UNSA » a en particulier échoué à la RATP, « c’est bien la CGT qui a offert une porte de sortie ».
En effet, à la veille du 13 novembre Bernard Thibault apporta une aide décisive au gouvernement de Sarkozy en lui proposant des négociations par entreprise, mais en présence d’un émissaire gouvernemental. Il les baptisa négociations « tripartites », mais en acceptant le cadre même de ces négociations dans les entreprises, il acceptait ce qu’il avait jusqu’alors refusé ! Ces négociations commencèrent le mercredi 21 novembre. A la SNCF, à la RATP, les AG furent houleuses ; les travailleurs reprirent le travail, et la réforme gouvernementale passa comme prévu.
Quelques jours plus tard, les Echos demandaient “Le conflit des étudiants peut-il suivre la même voie que celui des cheminots?”. Pour l’essentiel, la réponse est hélas « oui » : la direction de l’UNEF, contre la volonté des étudiants, négocia de nouveau, prétendit avoir obtenu des avancées…et appela le 29 novembre à « lever les blocages » et « suspendre la grève ». En dépit de cet appel, la mobilisation se prolongea trois semaines encore.

Sarkozy a pu s’appuyer sur les dirigeants du PS

Si les dirigeants du PS avaient pris clairement position contre la politique de Sarkozy, si dans les syndicats, tous les militants du PS avaient pu s’appuyer sur leur parti pour rejeter toute forme de conciliation avec le gouvernement, la mobilisation aurait eu un visage tout autre. Ce ne fut pas le cas.
Il suffit de rappeler qu’en ce qui concerne les régimes spéciaux, aucun de ces dirigeants ne se prononça pour la défense inconditionnelle des régimes dits « spéciaux » : « la réforme des régimes spéciaux est nécessaire » dit Benoît Hamon le 11 septembre et répète Hollande le 18 octobre. Quant à Royal, le même jour, elle ne reproche guère à Sarkozy qu’une seule chose : « le pouvoir est en train de gâcher » par ses méthodes, « les bonnes dispositions de nos leaders syndicaux »… En ce qui concerne la LRU, ces dirigeants refusent le combat contre le principe même de l’autonomie, refusent de demander l’abrogation de cette loi, et laissent à Royal le soin de promouvoir la LRU : « Je dis au gouvernement qu'il ne faut pas gâcher cette bonne réforme, c'est-à-dire qu'il faut l'accompagner des moyens nécessaires » (le 20 novembre).
De telles déclarations ne pouvaient qu’affaiblir la mobilisation et encourager Sarkozy à persévérer.

Les étudiants comme les salariés ont besoin d’une organisation politique qui défende leurs revendications, et qui les aide à se réapproprier leurs syndicats

Les dirigeants syndicaux n'ont cessé d'expliquer que la situation politique n'était pas favorable, que l'on ne pouvait se lancer dans la bataille car l'on risquait de perdre. Mais qui doit décider : vingt dirigeants syndicaux ou des dizaines, des centaines de milliers de manifestants et grévistes ? Le mouvement de cet automne a montré une chose indéniable : les travailleurs et étudiants étaient prêts à se battre, mais pas leurs dirigeants syndicaux. Ils sont responsables de ne pas avoir repris nos mots d'ordre, mais nous n’avons pas réussi à leur imposer nos revendications. Or les directions syndicales et les différents courants politiques de gauche sont étroitement liés ; ces dernières influent sur les orientations syndicales. Ainsi lors du mouvement contre le CPE, le MJS et l'UNEF avaient impulsé le mouvement sur un mot d'ordre clair : “retrait du CPE”. Le PS et toute la gauche avaient suivi. Mais lors du mouvement contre la LRU, ces syndicats ou partis majoritaires n'ont pas exigé l’abrogation de la LRU. Il était possible qu’il en soit autrement s'il y avait eu une force au sein du parti majoritaire de la gauche, du PS, capable de mener (et de vouloir mener) bataille contre les positions politiques des dirigeants de ces appareils. Mais au sein du PS, au sein du MJS et au sein de l'UNEF, aucune bataille n'a été menée, si ce n’est ponctuellement ou marginalement, pour que les dirigeants reprennent le mot d'ordre d'abrogation de la LRU.
Certains expliqueront cette situation en baissant les bras, en vous disant que ces organisations ont viré l'arme à droite, et sont presque mortes. Or, pour ce qui concerne les syndicats, ils ne vont pas disparaître : si on ne combat pas politiquement pour qu’ils soient au service des salariés, des étudiants, Sarkozy (et les finances de l’UIMM !) sauront les utiliser pour leur propre compte. Pour ce qui est du PS, son avenir est beaucoup plus inquiétant et si, tel un funambule malade, il venait à tomber et se disloquer, ceci ne pourrait que réjouir Sarkozy (et Bayrou,...). Dans cette situation, il faut affirmer la nécessité de préserver le PS comme parti du mouvement ouvrier. Ceci implique de se battre pour qu’il reprenne à son compte nos revendications, et non de se perdre en petites manoeuvres d'appareils avec l’illusion que l’on pourrait redresser la direction du PS. Et, Si l’on ne pouvait alors empêcher le funambule de choir, au moins pourrions nous ainsi regrouper l’essentiel de ses forces saines pour reconstruire une alternative politique."

Laure Jinquot, 5 janvier 2008
Par Forces Militantes 54 - Publié dans : Actualité
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Samedi 23 février 2008 6 23 /02 /2008 16:03
Le 23/11/2007 :
LANCEMENT DU COMITE NATIONAL POUR UN REFERENDUM

Appel du Comité National pour un Référendum

Un nouveau traité –dit traité de Lisbonne- vient d’être approuvé par les dirigeants européens suite au rejet du projet de traité constitutionnel refusé majoritairement par les Français et les Néerlandais lors des référendums de mai et juin 2005.

C’est donc à nouveau le suffrage universel qui doit trancher par référendum.

Sur un sujet qui a tant d’influence sur la vie de chacun et l’avenir de la France, l’organisation d’un nouveau référendum est une exigence démocratique majeure pour notre pays. C’est aussi une nécessité pour la construction européenne qui doit être fondée sur l’adhésion des peuples et la souveraineté populaire.

Seule une mobilisation sans précédent des citoyens peut obliger le président de la République à organiser un référendum. Il y sera contraint s’il n’obtient pas, début 2008, 3/5 des suffrages exprimés des parlementaires pour la modification préalable de la Constitution française, nécessaire à la ratification du nouveau traité européen. Ainsi les députés et les sénateurs ont le pouvoir d’imposer le référendum, en votant contre cette révision de notre Constitution.

C’est pourquoi des personnalités diverses, les signataires de différents appels déjà lancés sur ce sujet, ont décidé de rassembler leurs efforts au sein d’un Comité National pour un Référendum.

Nous appelons en urgence toutes celles et tous ceux qui sont attachés à la démocratie et à une Europe fondée sur l’adhésion des peuples, qu’ils soient pour ou contre ce nouveau traité, à nous rejoindre pour empêcher un déni de démocratie et exiger la tenue d’un référendum.

Premiers signataires :

ABERGEL Gilbert, Ancien grand maître GODF; AGUIRRE Léonce, LCR; AMARA Jean-Claude, Droits devant!; ARIES Paul, Politologue; ATTAR Michèle, Gauche Avenir; AUTAIN Clémentine, Mensuel Regards; AUTAIN François, Sénateur MRC; AZAM Geneviève, Attac France; BACQUET Jean-Paul, Député PS; BATAILLE Christian, Député PS; BAVAY Francine, Les Verts; BEN HIBA Tarek, Alternative citoyenne; BEN SADIA Hamida, Alternative citoyenne; BERGE-LAVIGNE Maryse, Sénatrice PS; BEYNEL Eric, Syndicaliste douanier; BOISLAROUSSIE Jean-Jacques, Les Alternatifs; BORE Jean-Paul, Membre du comité des régions d'Europe, PCF; BORVO-COHEN SEAT Nicole, Sénatrice PCF; BOUMEDIENE Alima, Sénatrice Les Verts; BOURGAIN Michel, Les Verts; BOVE José; BRAY Florence, Cactus/La gauche!; BUFFET Marie-George, Secrétaire nationale du PCF; CABANES Claude, Journaliste, Gauche Avenir; CANDAR Gilles, Historien; CARASSUS Pierre, MARS - Gauche Républicaine; CASSEN Bernard, Journaliste, association Mémoire des Luttes; CHERFI Madjid, Chanteur de Zebda ; CHEVENEMENT Jean-Pierre, Ancien ministre, président d'honneur du MRC; CHOMBEAU Christiane, Journaliste; CIRERA Daniel, PCF; COCQ François, MARS - Gauche Républicaine; COLLOMBAT Pierre-Yves, Sénateur PS; COQUEREL Eric, MARS - Gauche Républicaine; CORCUFF Philippe, Sociologue; COTTA Jacques, Journaliste et réalisateur; COUPE Annick, Union syndicale Solidaires; COURS-SALIES Pierre, Coordination des collectifs antilibéraux; DAURIAC Jean-Francis, Observatoire de la Démocratie; DEBONS Claude, Ancien animateur du Collectif du 29 mai; DEBREGEAS Georges, Sauvons la Recherche; DEFROMENT René, Syndicaliste; DELAPIERRE François, PRS; DELUCHAT André, Ancien responsable syndical national; DELY Renaud, Journaliste; DENIS Arielle, Mouvement de la Paix; DESALLANGRE Jacques, Député; DESESSARD Jean, Sénateur Les Verts; DETHYRE Richard, Sociologue; DIEHLMANN Françoise, responsable associative; DOLEZ Marc, Député PS; DOUAT Rémy, Mensuel Regards; DREYFUS-SCHMIDT Michel, Sénateur PS; ECKERT Christian, Député PS; FERREIRA Anne, Député européen PS; FILOCHE Gérard, D&S; FOURNEYRON Valérie, Député PS; FOURRE Jacques, Responsable associatif; FRANCO Hélène, Magistrate ; GADREY Jean, Economiste; GARRIDO Raquel, PRS; GARROUSTE Laurent, Inspecteur du travail; GAUTHIER Elisabeth, Transform!; GAYSSOT Jean-Claude, Ancien ministre; GENEREUX Jacques, Economiste; GIRAUD Joel, Député PRG; GONNEAU Jean-Luc, Cactus/La gauche!; GUERIN Julien, D&S; HALPHEN Eric, Magistrat, écrivain; HARRIBEY Jean-Marie, Attac France; HEBERT Jean-Paul, Economiste; HUSSON Michel, Economiste; HUTIN Christian, Député MRC; JANQUIN Serge, Député PS; JOURNET Alain, Sénateur PS; KHALFA Pierre, Union syndicale Solidaires; KRIVINE Alain, LCR; LAIGNEL André, Député européen PS; LAMBERT Jérôme, Député PS; LANGLOIS Bernard, Journaliste; LE NEOUANNIC Pascale, PS; LE STRAT Claire, Politiste; LE STRAT Anne, Les Verts; LEFEBVRE Rémi, Universitaire; LEFORT Jean-Claude, Député honoraire; LEMAIRE Gilles, Ecologiste, faucheur volontaire; LIENEMANN Marie-Noëlle, Député européen PS; LORAND Isabelle, Médecin; MANDRAUD Isabelle, Journaliste; MANGENOT Marc, Economiste-sociologue; MANGEOT Philippe, Enseignant; MARQUAILLE Jeaninne, Forces Militantes; MARTELLI Roger, Fondation Copernic; MASSIAH Gus, CEDETIM-IPAM; MAUREL Emmanuel, Parti Pris; MELENCHON Jean-Luc, Sénateur PS, président de PRS; MERIEUX Roland, Les Alternatifs; MERME Henri, Les Alternatifs; MESQUIDA Kleber, Député PS; MEXANDEAU Louis, Ancien ministre, Forces Militantes; MICHEL Jean-Pierre, Sénateur PS; MICHEL Jean, Député PS; MLATI Fatiha, Cactus/La gauche!; NAÏR Sami, MRC; NATHANSON Jean-Michel, Union syndicale Solidaires; NAUDY Michel, Journaliste; NERI Alain, Député PS; PELLETIER Willy, Sociologue, coordinateur géneral de la Fondation Copernic; PICQUET Christian; QUILES Paul, Ancien ministre, Gauche Avenir; REVOL René, Vice-président de PRS; REYNAUD Marie Line, Député PS; ROGEMONT Marcel, Député PS; ROUSSEAU Michel, Marches Européennes; ROUSSEL Roselyne, D&S; SALESSE Yves, ; SANDRIER Jean-Claude, Député PCF; SARRE Georges, Ancien ministre, MRC; SIEFFERT Denis, Journal Politis; SIRE-MARIN Evelyne, Magistrate, co-présidente de la Fondation Copernic; SOUDAIS Michel, Journaliste; SPIZZICHINO Robert, Forces Militantes; TEPER Bernard, UFAL; TRICOT Catherine, Mensuel Regards; TROUVE Aurélie, Attac France; VACHERON Raymond, Syndicaliste; VACHETTA Roselyne, LCR; VENTURA Christophe, Mémoire des Luttes; VIDALIES Alain, Député PS; ZARKA Pierre, OMOS

Pour signer l'appel : www.nousvoulonsunreferendum.eu
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Samedi 23 février 2008 6 23 /02 /2008 15:57
Le 14/05/2007 :
"Dire que la France s’est « droitisée » , c’est pour mieux renoncer à analyser ses propres erreurs politiques" Par Robert Spizzichino

"Que nous disent les bons apôtres, en particulier dans les medias ?

• Vous avez fait une fausse interprétation des résultats du Non au référendum et vous avez donné des infléchissements à gauche, proche de l’anti-libéralisme, au lieu d’engager la modernisation de la doctrine

• La Gauche, avec l’extrême gauche, n’a fait au 1er tour que 36, 4% des voix, du essentiellement à l’effondrement de la gauche anti libérale et des écolos. Poursuivre dans la voie de l’union de la Gauche est une impasse

• Il faut enfin réaliser la modernisation du PS , c'est-à-dire se rapprocher de la social-démocratie européenne, rompre avec les vieilles lunes du socialisme, la logique des blocs et en conséquence pouvoir, comme Prodi, faire des alliances tantôt avec le centre, tantôt avec la gauche, voire avec les deux

Un peu d’histoire pour une remise en perspective :

21 Avril 2002 : Traumatisme ; il faut en tirer les leçons et rénover ; il faut reconquérir les couches populaires qui nous ont quitté

2003 et 2004 : Victoires aux européennes et aux régionales : On oublie tout et on pense que l’alternance est automatique, compte tenu de la désaffection vis-à-vis de la droite

2005 : Le PS se divise ; la victoire du non conforte un coup de barre à gauche et l’idée qu’on va gagner

A partir de là, tout se centre sur des stratégies de pouvoir en perspective de la présidentielle : Un diagnostic baclé, un projet de compromis sans aucune dimension idéologique sérieuse s’appuyant sur la pensée économique d’Eric Besson, une synthèse artificielle au Congrès du Mans

2006 : Les primaires ; S.R. incarne le changement, est la favorite des sondages pour l’emporter sur Sarkozy

2007 : ……. (on fera l’analyse détaillée du scrutin plus tard)

Mes réponses à trois questions :

1. Est-ce que nous nous sommes trompés dans l’analyse du scrutin sur l’Europe ?

72% des inquiets sur leur avenir ont voté non ; ils provenaient en très large majorité des catégories populaires, et des précaires avec deux motivations largement dominantes : Mécontentement vis-à-vis de la situation économique et sociale de la France et hostilité vis-à-vis d’une constitution jugée trop libérale. Il n’y avait pas de volonté exprimée de sanctionner l’exécutif. Ils n’étaient pas en majorité antieuropéen. 63% étaient de gauche (soit 34 ,4% des votants) ; ce qui fait qu’avec les gens de gauche qui avaient voté oui, la gauche était majoritaire en 2005, il y a deux ans ; tout comme en 2004 et en 2003. Rien ne peut venir expliquer que la situation ait changé en deux ans, sinon nos propres erreurs de campagne.

2. Comment expliquer le faible score de la gauche toute entière au 1er tour ?

• Une grande désillusion sur l’incapacité de s’entendre des candidats à gauche du PS. La gauche antilibérale a été inaudible et n’a pas pu présenter une alternative crédible en terme de projet et de programme

• Une grande confusion et une déception vis-à-vis de l’offre politique présentée ; d’où deux votes hors de la gauche (en plus du vote utile) : Sarkozy, jugé actif et faisant ce qu’il dit, et Bayrou, réceptacle de toutes les indécisions

Ce qu’auraient du être les résultats en tendanciel :
Total gauche potentielle= 36,5% gauche + 7% Bayrou + 3% Sarkozy, soit 46,5%
Bayrou réel 8%
Le Pen 10, 5%
Sarkozy réel+ de Villiers 30,5% + part Bayrou 3,5% + Nihous 1% = 35%
Donc les résultats permettant une victoire de la gauche au deuxième tour

3. Dans le monde actuel, n’y a –t-il pas d’autre voie pour le PS que le social réformisme européen ?

Est-ce une voie nouvelle ? Non, cela a été fait notamment dans les années 50 avec les gouvernements Pleven, Queuille, et Schumann dans les gouvernements MRP, radicaux, UDSR et SFIO, alors que Guy Mollet prônait un « néo-guesdisme » de luttes des classes à l’opposé de ce qui se faisait à l’Assemblée. Cette vois est le symbole d’une crise d’identité périodique chez les socialistes français. Quant au tripartisme de 46, PCF, SFIO, MRP, il n’a duré que 14 mois et n’a fait que conforter pour de longues années la PCF.

Effectivement, ce qui serait vraiment nouveau, ce serait, dans un monde qui change, de pouvoir faire tout ce que nous n’avons pas fait depuis des années : Résister aux avancées du capitalisme financier, promouvoir une économie plurielle, revoir la répartition des richesses, proposer un projet européen qui parle aux peuples, faire de vrais choix en matière d’écologie, mettre fin à la ségrégation urbaine, élargir la démocratie et changer vraiment nos institutions, rénover les pratiques politiques et par là les organisations politiques, …..
Cela est possible, cela peut répondre aux attentes des français, si nous parvenons à faire un vrai projet socialiste à la fois moderne et fidèle.

Mais de cela, on parlera après les législatives."
Par Forces Militantes 54 - Publié dans : Actualité
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Présentation

Non au Traité de Lisbonne

La Constitution Européenne
Le 07/02/2008 :
Non au Traité de Lisbonne
Comme il l’avait annoncé, Marc DOLEZ a voté deux fois non :

- non à la révision de la Constitution, le 4 février au Congrès du Parlement à Versailles, afin d’essayer d’imposer un référendum (cf. son intervention du 15 Janvier à l’Assemblée Nationale)

- non à la ratification du traité lui-même. Ci-après le texte de son intervention, le 7 février à la tribune de l’Assemblée Nationale :

"Monsieur le président, monsieur le secrétaire d’Etat, mes chers collègues,

Le respect de la souveraineté populaire aurait voulu que le Président de la République et le Gouvernement s’appuient sur la volonté du peuple, exprimée le 29 mai 2005, pour exiger une réorientation économique, sociale et politique de la construction européenne. Tel n’a pas été le cas puisque – personne ne le conteste vraiment aujourd’hui – le traité de Lisbonne est quasiment identique, dans son contenu, au traité rejeté il y a deux ans.

Toutes les raisons de dire non demeurent.

En effet, le cadre ultra-libéral des politiques économiques, monétaires, financières, budgétaires et commerciales reste absolument inchangé. La référence à la « concurrence libre et non faussée » fait ainsi l’objet, avouons-le, d’un tour de passe-passe. Si elle disparaît des objectifs de l’Union, le protocole additionnel n° 6 lui est consacré, et lève toute erreur d’interprétation en disposant que « le marché intérieur (…) comprend un système garantissant que la concurrence n’est pas faussée ». La concurrence reste donc le fil conducteur de la construction européenne, et le libre-échange son horizon indépassable, avec toutes les contraintes qui en découlent : interdiction de toute restriction à la libre circulation des capitaux ; libéralisation des secteurs de l’énergie, des transports et de la poste ; suppression progressive des obstacles au commerce international.

Les services publics, dont on parle beaucoup, font quant à eux l’objet de ce que j’appellerai une mystification. En effet, le protocole n° 9, dont l’intitulé évoque les « services d’intérêt général », ne concerne en fait, dans son contenu, que les « services d’intérêt économique général », lesquels, par les articles 106 et 107 du traité, sont soumis de manière drastique aux règles de la concurrence, ce qui interdit, dans la pratique, toute aide de l’Etat. Je renvoie d’ailleurs ceux qui se feraient encore quelques illusions aux propos qu’a tenus M. Barroso, président de la Commission européenne, le 20 novembre dernier, devant le Parlement européen : celui-ci jugeait « inutile » d’envisager une loi-cadre européenne pour clarifier la place des services publics d’intérêt général.

L’Europe ne dispose pas des outils politiques nécessaires pour maîtriser et encadrer la toute-puissance, ainsi reconnue, des lois du marché. Elle restera donc malheureusement un nain politique.

Il n’y a par ailleurs aucune remise en question de la politique monétaire, et la stabilité des prix fait une entrée remarquée parmi les objectifs de l’Union. L’indépendance de la Banque centrale est confirmée, tandis que le protocole n° 3 prévoit, monsieur le secrétaire d’Etat, que l’Eurogroupe ne se réunira que « de façon informelle ».

Il est désormais impossible de construire l’Europe sociale, puisque toute harmonisation est interdite – je vous renvoie sur ce point aux articles 151 et 153 du traité - , comme est impossible l’harmonisation fiscale, puisque l’unanimité reste la règle en ce domaine, et que chaque pays dispose donc d’un droit de veto. Bref, le traité ne contient rien pour lutter contre le dumping social et fiscal, et donc rien pour lutter contre les délocalisations et le saccage de notre industrie.

Et sur la scène internationale, du fait de l’article 42 du traité relatif à l’Union, l’Europe restera soumise aux orientations militaires et diplomatiques des Etats-Unis puisque c’est dans le cadre de l’OTAN que se concevra sa politique de sécurité et de défense.

Un certain nombre de mes collègues du groupe socialiste en sont convaincus : toutes les raisons de dire « non » demeurent. N’ayant pas obtenu un référendum, certains ont décidé de ne pas participer au vote. D’autres, dont je suis, ont choisi de maintenir leur « non » afin de confirmer celui du peuple français, le 29 mai 2005.

Ce « non », dont nous sommes en quelque sorte les garants, est l’expression de notre ardente volonté d’une autre Europe, démocratique, indépendante et sociale."

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