Résolutions Forces Militantes

Samedi 26 avril 2008
Le 29/03/2008 :
Résolution de Forces Militantes

A l’issue de sa réunion nationale du 29 mars 2008 à Paris, Forces Militantes a adopté la résolution suivante.

I – La nette victoire de la Gauche aux élections municipales et cantonales, moins d’un an après l’élection présidentielle, constitue un désaveu cinglant pour le pouvoir dont la politique a été lourdement sanctionnée.

Cette victoire n’est cependant acquise qu’à la faveur d’une abstention record, donc sans reconquête des classes populaires, et d’une abstention plus forte à Droite, qui explique largement les résultats.

Pour le Parti Socialiste, elle est aussi trop souvent acquise dans la confusion politique au prix d’alliances contre nature avec le MODEM et même parfois dans le refus de la discipline républicaine.

Si la victoire de la Gauche peut conforter la mobilisation sociale contre les attaques de la Droite, elle devrait surtout l’inciter à proposer une véritable alternative au libéralisme.

Faute de cette perspective mobilisatrice, qui manquait déjà après les succès électoraux de 2004, la Droite s’est immédiatement affranchie de la sanction populaire et veut accélérer la mise en œuvre de sa politique.


II – C’est pourquoi l’heure est d’abord à la résistance du plus grand nombre qu’exige la violence des attaques de la Droite et du MEDEF contre le pacte social et républicain, hérité de la Libération et des combats séculaires de la Gauche.

Forces Militantes assure de sa solidarité tous les travailleurs actuellement en lutte contre les licenciements et pour les salaires ainsi que les lycéens, enseignants et parents d’élèves qui refusent les suppressions de postes dans l’Education Nationale.

Forces Militantes appelle à participer massivement, dans les semaines à venir, aux initiatives des organisations syndicales et souhaite que le 1er mai 2008 soit une grande journée unitaire de mobilisation pour l’emploi, l’augmentation des salaires, le droit à la retraite, la défense du droit du travail et des services publics.


III – L’ampleur et la gravité de l’offensive exigent aussi que, dans les prochains débats parlementaires, la Gauche et singulièrement le Parti Socialiste s’opposent résolument à deux projets de loi du gouvernement qui marquent de graves reculs à savoir : l’allongement à 41 ans de la durée de cotisation des retraites et la réforme du marché du travail qui prévoit notamment le licenciement à l’amiable.


IV - Forces Militantes s’insurge contre la décision unilatérale de Nicolas Sarkozy d’envoyer 1000 militaires français supplémentaires en Afghanistan dans une guerre américaine illégitime et demande le retrait de l’ensemble des troupes françaises.


De même, Forces Militantes réaffirme son opposition à tout alignement de notre politique de défense sur celle des Etats-Unis.


V – Dans un contexte politique et social extrêmement préoccupant sur fond de crise financière internationale, Forces Militantes déplore que le Parti Socialiste ne soit essentiellement préoccupé que par des enjeux internes, comme en témoigne un calendrier de travail centré sur la préparation de son congrès à l’automne et l’organisation d’une convention nationale en juin pour liquider, avant le congrès et sans débat, deux questions aussi essentielles que la réécriture de la Déclaration de principes et la modification des statuts.

Forces Militantes refuse de cautionner une telle atteinte à la démocratie interne et appelle les militants à s’opposer résolument à toute remise en cause des valeurs fondamentales et de la nature même du Parti Socialiste. Forces Militantes arrêtera ultérieurement sa position sur le congrès mais, en tout état de cause, ne participera en aucune manière aux manœuvres d’appareil en cours.


VI – Forces Militantes réaffirme que la construction d’une véritable alternative à Gauche pose la question de l’émergence d’une nouvelle force politique de transformation sociale.

Cette aspiration qui émerge dans toute l’Europe a pris en Allemagne la forme de Die Linke.

Pour la France, une telle force ne peut être que sociale, républicaine et laïque.

Forces Militantes souhaite que les réflexions engagées avec ceux qui partagent cette perspective s’intensifient et puissent déboucher rapidement sur une initiative forte.
Par Forces Militantes 54
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Samedi 23 février 2008

Résolution de Forces Militantes
(adoptée le 6 Octobre 2007)

Réunis en assemblée générale le 6 octobre 2007, les militants de Forces Militantes ont, après examen de la situation politique, arrêté les orientations suivantes.

1)      Cinq mois après la victoire de la droite à l'élection présidentielle, la gravité de la situation exige d'abord l'unité et la mobilisation les plus larges pour résister à la démolition programmée du pacte social et républicain, hérité de la Libération.

La « réforme » des régimes dits spéciaux n'étant que la première d'une longue série contraire aux intérêts de tous les salariés, c'est l'avenir même de notre système de Sécurité Sociale, menacé de privatisation, qui est remis en cause.

C'est pourquoi Forces Militantes appelle à participer massivement à la journée de grève et d'actions du jeudi 18 octobre, décidée par les organisations syndicales.

2)      L'ampleur de l'offensive de la droite exige aussi que l'ensemble des forces de gauche et notamment le Parti Socialiste s'opposent frontalement et sans concession, alors que ce dernier cache mal son impuissance à défendre une autre logique clairement de gauche, que cela soit sur les retraites ou l'université.

Face à l'hyperprésidentialisation du régime, Forces Militantes demande avec insistance que, dans le débat sur la révision de la constitution, les socialistes affirment leur volonté de rompre avec les institutions de la Vème République pour établir une république parlementaire, laïque et sociale, plutôt que de s'engager dans de confuses négociations sur la majorité des 3/5 à trouver au Congrès du Parlement.

3)   Cinq mois après une nouvelle et sévère défaite, au lieu d'en tirer toutes les leçons, le Parti Socialiste s'enlise déjà dans de sombres manœuvres d'appareil, dans la perspective de son prochain congrès.

En réalité, au-delà de ces manœuvres qui se situent à des années-lumière des préoccupations quotidiennes et concrètes des Français, s'affiche de plus en plus clairement la volonté d'accompagner l'économie de marché et de s'aligner sur une social-démocratie européenne, elle-même pourtant en désarroi idéologique.

Pour Forces Militantes, la reconstruction d'une gauche digne de ce nom suppose en préalable l'analyse sans complaisance d'une élection qui paraissait imperdable.  

 
 
 
 
 
…/…
 

Si la droite a gagné, c'est surtout la gauche qui a perdu, faute d'avoir porté un véritable projet de transformation sociale.

Rénovation ne saurait signifier droitisation et renoncement, modernisation signifier abandon de nos valeurs fondamentales.

Cette dérive est mortifère pour le Parti Socialiste.

Dans la fidélité à ses engagements antérieurs, Forces Militantes appelle tous les militants socialistes, indéfectiblement attachés à leur idéal, à se mobiliser pour empêcher la liquidation de leur Parti.

Car être socialiste en 2007, c'est toujours refuser le capitalisme comme horizon indépassable et vouloir un autre mode d'organisation sociale, c'est porter un projet de société, fidèle aux idéaux de la gauche et aux valeurs de la République, adapté aux évolutions économiques et sociales de notre temps.

Refusant tout compromis avec la droite, Forces Militantes demande que la stratégie d'union de la gauche soit clairement réaffirmée à l'occasion des prochaines élections municipales, par la constitution dès le ler tour de listes de rassemblement de toute la gauche, à l'exclusion de toute alliance avec la droite et en particulier avec le Modem au premier comme au second tour.

Aujourd'hui la reconstruction de la gauche suppose aussi une nouvelle synthèse politique pour intégrer le meilleur de la tradition du mouvement ouvrier et des combats républicains avec les nouvelles problématiques de contestation du capitalisme, la question écologique étant indissociable de la question sociale. Cela induit un travail idéologique de grande ampleur.

Dans cette perspective, Forces Militantes porte une appréciation positive sur les réflexions et travaux menés notamment par « Gauche Avenir » et « Maintenant à Gauche » qui rassemblent des militants venus d'horizons différents.

Dans cette perspective aussi, tout comme « Pour la République Sociale » (PRS) et de nombreux militants socialistes, Forces Militantes considère que la question de l'émergence d'une nouvelle force politique à gauche est désormais posée.

Forces Militantes entend participer activement à ces travaux et réflexions et, le cas échéant, s'associer aux initiatives qui en découleront.

6)   Forces Militantes réaffirme enfin son opposition au nouveau traité européen qui reprend l'essentiel de la « constitution européenne », rejetée par le vote du 29 Mai 2005, et que le président de la République veut faire ratifier par la voie parlementaire.

Avec toutes les forces de gauche qui ont assuré la victoire du Non, Forces Militantes refuse que la démocratie et la volonté populaire soient bafouées et exige un nouveau référendum. Cela met en évidence l'urgence d'une véritable alternative citoyenne visant à l'élaboration d'un projet européen à vocation internationaliste.
Par Forces Militantes 54
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Présentation

Non au Traité de Lisbonne

La Constitution Européenne
Le 07/02/2008 :
Non au Traité de Lisbonne
Comme il l’avait annoncé, Marc DOLEZ a voté deux fois non :

- non à la révision de la Constitution, le 4 février au Congrès du Parlement à Versailles, afin d’essayer d’imposer un référendum (cf. son intervention du 15 Janvier à l’Assemblée Nationale)

- non à la ratification du traité lui-même. Ci-après le texte de son intervention, le 7 février à la tribune de l’Assemblée Nationale :

"Monsieur le président, monsieur le secrétaire d’Etat, mes chers collègues,

Le respect de la souveraineté populaire aurait voulu que le Président de la République et le Gouvernement s’appuient sur la volonté du peuple, exprimée le 29 mai 2005, pour exiger une réorientation économique, sociale et politique de la construction européenne. Tel n’a pas été le cas puisque – personne ne le conteste vraiment aujourd’hui – le traité de Lisbonne est quasiment identique, dans son contenu, au traité rejeté il y a deux ans.

Toutes les raisons de dire non demeurent.

En effet, le cadre ultra-libéral des politiques économiques, monétaires, financières, budgétaires et commerciales reste absolument inchangé. La référence à la « concurrence libre et non faussée » fait ainsi l’objet, avouons-le, d’un tour de passe-passe. Si elle disparaît des objectifs de l’Union, le protocole additionnel n° 6 lui est consacré, et lève toute erreur d’interprétation en disposant que « le marché intérieur (…) comprend un système garantissant que la concurrence n’est pas faussée ». La concurrence reste donc le fil conducteur de la construction européenne, et le libre-échange son horizon indépassable, avec toutes les contraintes qui en découlent : interdiction de toute restriction à la libre circulation des capitaux ; libéralisation des secteurs de l’énergie, des transports et de la poste ; suppression progressive des obstacles au commerce international.

Les services publics, dont on parle beaucoup, font quant à eux l’objet de ce que j’appellerai une mystification. En effet, le protocole n° 9, dont l’intitulé évoque les « services d’intérêt général », ne concerne en fait, dans son contenu, que les « services d’intérêt économique général », lesquels, par les articles 106 et 107 du traité, sont soumis de manière drastique aux règles de la concurrence, ce qui interdit, dans la pratique, toute aide de l’Etat. Je renvoie d’ailleurs ceux qui se feraient encore quelques illusions aux propos qu’a tenus M. Barroso, président de la Commission européenne, le 20 novembre dernier, devant le Parlement européen : celui-ci jugeait « inutile » d’envisager une loi-cadre européenne pour clarifier la place des services publics d’intérêt général.

L’Europe ne dispose pas des outils politiques nécessaires pour maîtriser et encadrer la toute-puissance, ainsi reconnue, des lois du marché. Elle restera donc malheureusement un nain politique.

Il n’y a par ailleurs aucune remise en question de la politique monétaire, et la stabilité des prix fait une entrée remarquée parmi les objectifs de l’Union. L’indépendance de la Banque centrale est confirmée, tandis que le protocole n° 3 prévoit, monsieur le secrétaire d’Etat, que l’Eurogroupe ne se réunira que « de façon informelle ».

Il est désormais impossible de construire l’Europe sociale, puisque toute harmonisation est interdite – je vous renvoie sur ce point aux articles 151 et 153 du traité - , comme est impossible l’harmonisation fiscale, puisque l’unanimité reste la règle en ce domaine, et que chaque pays dispose donc d’un droit de veto. Bref, le traité ne contient rien pour lutter contre le dumping social et fiscal, et donc rien pour lutter contre les délocalisations et le saccage de notre industrie.

Et sur la scène internationale, du fait de l’article 42 du traité relatif à l’Union, l’Europe restera soumise aux orientations militaires et diplomatiques des Etats-Unis puisque c’est dans le cadre de l’OTAN que se concevra sa politique de sécurité et de défense.

Un certain nombre de mes collègues du groupe socialiste en sont convaincus : toutes les raisons de dire « non » demeurent. N’ayant pas obtenu un référendum, certains ont décidé de ne pas participer au vote. D’autres, dont je suis, ont choisi de maintenir leur « non » afin de confirmer celui du peuple français, le 29 mai 2005.

Ce « non », dont nous sommes en quelque sorte les garants, est l’expression de notre ardente volonté d’une autre Europe, démocratique, indépendante et sociale."

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