Vendredi 12 septembre 2008
mardi 9 septembre 2008, 08:36

Où va le PS ? Cette question, ses militants et adhérents et sa base sociale et électorale qui, à ce jour, reste la plus forte composante du peuple de gauche et du salariat en France, se la posent bien évidemment.

Elle a été méchamment ravivée par les palinodies de la Rochelle. Mais même à la Rochelle, il y avait deux étages : celui des chefs et des médias, et celui des militants, avec, là, une réunion-débat sur la laïcité à laquelle participait Jean-Luc Mélenchon, ici, une réunion sur le Code du travail avec Gérard Filoche, et, dans les couloirs, la table de presse de nos camarades de l'OS (Offensive Socialiste !) vendant l'excellent petit livre de Julien Guérin et Jean-François Claudon, Les jeunes socialistes d'Epinay à la génération CPE, aux éditions de l'OURS, 7,5 euros.

A la Rochelle et plus encore dans le pays, l'étage de ceux d'en bas en a ras la casquette, car il n'y a pas d'opposition politique à Sarkozy au niveau des dirigeants du PS.

Cela à cause, non d'abord des personnes et de leurs ambitions comme on le dit souvent, mais des orientations politiques et des forces sociales qui les sous-tendent. La liquidation du PS comme parti issu du mouvement ouvrier, sa transformation en une sorte de "parti démocrate" qui pourrait bien être sa disparition pure et simple, sont le programme politique de deux des principaux courants qui le dirigent. Celui qui veut comme "présidentiable" le maire de Paris Bertrand Delanoë et qui, ironie de l'histoire, alors qu'il entend être le courant libéral français, est dépassé verbalement sur la gauche par les discours d'Hillary Clinton à la convention démocrate de Denver, aux Etats-Unis ! Celui qui voudrait poursuivre avec la "présidentiable" qui a fait élire Sarkozy, Ségolène Royal -parmi lequel des militants sincères et des jeunes qui veulent voir en elle l'alternative à Sarkozy. Face à ces deux courants "liquidateurs" la direction du PS, dont l'orientation de fond est la même -c'est l'acceptation du capitalisme et donc des contre-réformes qu'il exige quel qu'en soit l'habillage- est bien en peine d'apparaître comme différente, et apparaît surtout comme accrochée à son appareil ...

Mais y a-t-il encore une gauche dans ce parti ? La réponse est oui, sans même parler des courants : car la base sociale et électorale est cent fois plus à gauche que n'importe lequel des dirigeants. Mais si la question se pose, c'est parce qu'après avoir fait passer le Non à la soi-disant constitution "européenne" en 2005 l'essentiel des dirigeants de la "gauche du parti" ont rallié la synthèse des Oui et des Non, réalisée contre le peuple de gauche au congrès du Mans en 2005 pour interdire une alternative politique dans ce pays, et dont la conséquence a été l'opération Ségolène Royal avec le résultat à la présidentielle que l'on sait. C'est la méthode du confusionnisme politique à l'oeuvre dans cette synthèse qui continue dans les projets confus d'alliance derrière une troisième supposée "présidentiable" que serait Martine Aubry. Elle ne saurait avoir d'autre effet que d'enterrer tout véritable changement.

Car un vrai changement serait une vraie opposition à Sarkozy. Une opposition maintenant, et non pas la mise en oeuvre par les conseils régionaux et généraux de la politique voulue par son gouvernement et par le patronat, ralliement de l'autre force liquidatrice du lien au mouvement ouvrier qui apparaît dans la préparation du prochain congrès du PS à Reims : celle des "barons" (le terme est exact) locaux, les Guérini, Colomb et autres. Enfermer le "débat" dans le "choix du présidentiable" dés maintenant, c'est en réalité choisir d'attendre 2012 pour ne pas s'opposer à Sarkozy maintenant. C'est le fond politique qui explique les "ralliements" au pouvoir de Sarkozy des Kouchner, Besson, Amara et compagnie. Quand on ne s'oppose pas, pourquoi ne pas se rallier ?

La gauche dans le PS comme dans le pays c'est l'opposition frontale et réelle à Sarkozy, qui ne recule pas devant l'action pour le combattre, le défaire et le chasser.

Deux regroupements nous semble-t-il vont dans ce sens. Parmi les contributions issues des courants ayant combattu pour le Non en 2005 -au nombre de cinq : Nouveau Parti Socialiste (Henri Emmanuelli et Benoît Hamon), Trait d'Union (Jean-Luc Mélenchon), Gauche Avenir (Marie-Noelle Liennemann, Paul Quilès), Forces Militantes (Marc Dolez) et Démocratie et Socialisme (Gérard Filoche), deux d'entre elles, celles de Forces Militantes et de Trait d'Union, se sont regroupées sur les points suivants :
  • le retrait des troupes françaises d'Afghanistan,
  • la hausse massive des salaires,
  • la "planification écologique",
  • la rupture avec le traité de Lisbonne,
  • une "VI° République parlementaire, laïque et sociale",
  • et en indiquant qu'ils refusent toute alliance à droite (du type Modem) et sont pour toute alliance à gauche (avec la LCR-NPA par exemple).

Et chez les jeunes, nos camarades de l'Offensive Socialiste sont en train de s'affirmer comme le courant le plus dynamique, le plus créatif et potentiellement le plus attractif du MJS !

Les cinq courants "de gauche" doivent s'unir sur les bases dessinées par le premier regroupement entre Trait d'Union et Forces Militantes. De même que dans la lutte sociale c'est en refusant le "dialogue social" que travailleurs et syndicats s'unissent contre les patrons, ici c'est en se délimitant de la droite, des barons locaux qui font sa politique, des libéraux et des partisans du traité de Lisbonne que la gauche dans ce parti peut et doit exister à nouveau.


Militant – 18 rue Victor Massé 75009 Paris
Contact : 06 87 24 84 55
http://www.le-militant.org
Par Forces Militantes 54 - Publié dans : Actualité
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Présentation

Non au Traité de Lisbonne

La Constitution Européenne
Le 07/02/2008 :
Non au Traité de Lisbonne
Comme il l’avait annoncé, Marc DOLEZ a voté deux fois non :

- non à la révision de la Constitution, le 4 février au Congrès du Parlement à Versailles, afin d’essayer d’imposer un référendum (cf. son intervention du 15 Janvier à l’Assemblée Nationale)

- non à la ratification du traité lui-même. Ci-après le texte de son intervention, le 7 février à la tribune de l’Assemblée Nationale :

"Monsieur le président, monsieur le secrétaire d’Etat, mes chers collègues,

Le respect de la souveraineté populaire aurait voulu que le Président de la République et le Gouvernement s’appuient sur la volonté du peuple, exprimée le 29 mai 2005, pour exiger une réorientation économique, sociale et politique de la construction européenne. Tel n’a pas été le cas puisque – personne ne le conteste vraiment aujourd’hui – le traité de Lisbonne est quasiment identique, dans son contenu, au traité rejeté il y a deux ans.

Toutes les raisons de dire non demeurent.

En effet, le cadre ultra-libéral des politiques économiques, monétaires, financières, budgétaires et commerciales reste absolument inchangé. La référence à la « concurrence libre et non faussée » fait ainsi l’objet, avouons-le, d’un tour de passe-passe. Si elle disparaît des objectifs de l’Union, le protocole additionnel n° 6 lui est consacré, et lève toute erreur d’interprétation en disposant que « le marché intérieur (…) comprend un système garantissant que la concurrence n’est pas faussée ». La concurrence reste donc le fil conducteur de la construction européenne, et le libre-échange son horizon indépassable, avec toutes les contraintes qui en découlent : interdiction de toute restriction à la libre circulation des capitaux ; libéralisation des secteurs de l’énergie, des transports et de la poste ; suppression progressive des obstacles au commerce international.

Les services publics, dont on parle beaucoup, font quant à eux l’objet de ce que j’appellerai une mystification. En effet, le protocole n° 9, dont l’intitulé évoque les « services d’intérêt général », ne concerne en fait, dans son contenu, que les « services d’intérêt économique général », lesquels, par les articles 106 et 107 du traité, sont soumis de manière drastique aux règles de la concurrence, ce qui interdit, dans la pratique, toute aide de l’Etat. Je renvoie d’ailleurs ceux qui se feraient encore quelques illusions aux propos qu’a tenus M. Barroso, président de la Commission européenne, le 20 novembre dernier, devant le Parlement européen : celui-ci jugeait « inutile » d’envisager une loi-cadre européenne pour clarifier la place des services publics d’intérêt général.

L’Europe ne dispose pas des outils politiques nécessaires pour maîtriser et encadrer la toute-puissance, ainsi reconnue, des lois du marché. Elle restera donc malheureusement un nain politique.

Il n’y a par ailleurs aucune remise en question de la politique monétaire, et la stabilité des prix fait une entrée remarquée parmi les objectifs de l’Union. L’indépendance de la Banque centrale est confirmée, tandis que le protocole n° 3 prévoit, monsieur le secrétaire d’Etat, que l’Eurogroupe ne se réunira que « de façon informelle ».

Il est désormais impossible de construire l’Europe sociale, puisque toute harmonisation est interdite – je vous renvoie sur ce point aux articles 151 et 153 du traité - , comme est impossible l’harmonisation fiscale, puisque l’unanimité reste la règle en ce domaine, et que chaque pays dispose donc d’un droit de veto. Bref, le traité ne contient rien pour lutter contre le dumping social et fiscal, et donc rien pour lutter contre les délocalisations et le saccage de notre industrie.

Et sur la scène internationale, du fait de l’article 42 du traité relatif à l’Union, l’Europe restera soumise aux orientations militaires et diplomatiques des Etats-Unis puisque c’est dans le cadre de l’OTAN que se concevra sa politique de sécurité et de défense.

Un certain nombre de mes collègues du groupe socialiste en sont convaincus : toutes les raisons de dire « non » demeurent. N’ayant pas obtenu un référendum, certains ont décidé de ne pas participer au vote. D’autres, dont je suis, ont choisi de maintenir leur « non » afin de confirmer celui du peuple français, le 29 mai 2005.

Ce « non », dont nous sommes en quelque sorte les garants, est l’expression de notre ardente volonté d’une autre Europe, démocratique, indépendante et sociale."

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