Samedi 23 février 2008
Le 19/03/2007 :
Battre la droite pour mieux refonder la gauche
Avec environ 35% des intentions de vote au premier tour, son plus bas niveau depuis 1969, la gauche est en passe, une fois encore, de perdre l’élection présidentielle.

Et pourtant elle devrait s’imposer sans coup férir, au regard du rejet massif de la politique de la droite, à plusieurs reprises depuis 2002, tant dans les urnes que dans la rue.

Et pourtant, face au danger Sarkozy, elle devrait rassembler tous les républicains attachés au modèle social français issu de la Résistance, inquiets de l’ultralibéralisme, du communautarisme et de l’atlantisme du ministre de l’intérieur.

Pourquoi alors un tel décalage avec la volonté du peuple et un tel décrochage avec le mouvement social ?

A l’évidence, le débat avec la droite n’est pas suffisamment frontal et la ligne de démarcation trop souvent franchie avec l’emprunt d’idées au camp adverse, d’où une grande confusion politique qui fait actuellement le lit de l’illusion centriste.

En vérité, la présidentielle s’apparente désormais plus à une compétition de personnalités qu’à une confrontation de projets politiques.

L’image prime sur les idées et les valeurs, le destin personnel sur l’ambition collective, le court terme sur la préparation du futur.

C’est le triomphe, mortifère pour la gauche, d’un marketing politique qu’elle devrait récuser au lieu de s’y couler.

C’est l’américanisation de notre vie politique, considérablement amplifiée par l’instauration du quinquennat et l’inversion du calendrier électoral, d’ailleurs voulues en leur temps par la gauche elle-même !

Pour l’avenir même de la République et de la démocratie, le moment est vraiment venu de s’interroger sur le principe de l’élection du président de la République au suffrage universel, porte ouverte au populisme et à toutes les aventures. Continuer à faire l’impasse sur le sujet pourrait un jour se payer très cher.
Plus fondamentalement encore, l’état actuel de la gauche résulte pour beaucoup de la profonde crise d’identité qui la secoue et affecte particulièrement le Parti Socialiste depuis qu’au pouvoir il s’est avoué impuissant face aux lois du marché.

La leçon du 21 avril 2002, terrible sanction de cette impuissance politique, n’a pas été tirée, comme le « oui » au projet libéral de constitution européenne l’a confirmé.
S’y ajoutent, consternant constat, la division et l’émiettement des forces de gauche qui ont assuré la victoire du Non, privant pour le moment le vote fondateur du 29 mai 2005 de toute perspective politique. La gauche va mal. Toute la gauche.

Il serait vain de le nier sous prétexte de prochaines consultations électorales car, dans tous les cas de figure, sa refondation s’impose.

L’affirmer maintenant n’est en rien démobilisateur pour le scrutin à venir ; au contraire, cette perspective crédibilise davantage encore la nécessité de battre tout de suite la droite.

3 conditions, 3 engagements

Non, la défaite de la gauche n’est pas inéluctable car celle-ci dispose de réserves importantes qui, faute de discerner une alternative antilibérale, sont indécises et hésitantes.

Il est encore temps de les mobiliser.

C’est évidemment au Parti Socialiste et à sa candidate, seule en mesure de représenter la gauche au second tour, qu’il appartient pour l’essentiel de créer les conditions de la mobilisation et du rassemblement de toute la gauche.

Il y en a principalement trois, sachant que l’appel à battre Sarkozy pour indispensable qu’il soit n’est guère suffisant, comme le démontrent les enquêtes d’opinion.

- Renouer avec le combat frontal contre la droite, projet contre projet.

Pour la gauche, la présidentielle est avant tout un débat de fond sur le choix de société et non « un lien direct entre le peuple et une personnalité », comme l’a malencontreusement affirmé la candidate. L’oublier est une faute majeure.

- Ecarter irrémédiablement toute hypothèse de gouvernement ou d’alliance avec l’UDF. Cette clarification est d’autant plus urgente que certaines voix parmi les plus autorisées l’évoquent sans détour.

Un tel scénario signifierait la remise en cause de la stratégie d’union de la gauche et l’implosion du Parti d’Epinay.

- Placer la question sociale au cœur de la campagne, en s’adressant aux salariés et à la jeunesse, à tous ceux qui, plongés dans la pauvreté, la précarité et la peur du lendemain, souffrent durement de l’implacable et cynique logique financière du capitalisme.

L’urgence sociale exige des mesures concrètes et d’application immédiate pour revaloriser le pouvoir d’achat, assurer à chacun le droit à l’emploi, au logement, à l’éducation, à la santé. Mettons les en débat sans plus tarder.

Engageons nous, sans faux-fuyants, sur la généralisation des 35 heures et la garantie de la retraite à 60 ans.

Expliquons précisément comment nous nous opposerons aux licenciements boursiers et lutterons contre les délocalisations.

Renforçons le rôle irremplaçable et les prérogatives de l’Etat, seul garant de l’égalité républicaine.

Plutôt que d’appeler au vote utile, qui ne favorise pas la diversité indispensable au rassemblement, mieux vaut expliquer ce qui changerait vraiment avec une présidence socialiste.

Dans cet esprit et au-delà du désaccord avec le « pacte présidentiel », trois engagements de la candidate seraient particulièrement révélateurs du sens que la gauche, revenue aux responsabilités, donnerait à son action :

- Abrogation de toutes les lois antisociales et liberticides de la droite, à commencer par la loi Fillon sur les retraites, et ainsi clairement afficher l’impossibilité de facilement s’en accommoder, comme cela a été le cas dans le passé.

- Refus absolu du diktat européen sur la libéralisation de l’électricité et la libéralisation de l’ensemble du secteur postal, et ainsi affirmer la volonté de la gauche de mener sa politique, y compris contre Bruxelles.

- Renforcement réel des pouvoirs d’une Assemblée Nationale à élire à la proportionnelle, le plus vite possible sans attendre 2012, et ainsi rendre le pouvoir aux représentants du peuple.

Dans ces conditions, la victoire à la présidentielle deviendrait possible.

Sur ces bases, la refondation de la gauche s’engagerait favorablement.

Retrouver l’authenticité socialiste

Souhaiter ardemment la victoire de son camp n’interdit pas la lucidité : la gauche est à refonder.

« L’ordre juste » n’a évidemment rien à voir avec la lutte des classes ou un socialisme réformiste, pas plus que la démocratie d’opinion avec la démocratie militante ou le « New Labour » de Tony Blair avec le Parti de Jaurès et de Mitterrand.

Une page se tourne. L’avenir du Socialisme est en jeu en France comme en Europe où, après plusieurs électrochocs au cours du XXe siècle, la social-démocratie a perdu ses principaux repères, ses « défenses immunitaires » pour reprendre l’expression de Pierre Bourdieu.

Cette fragilité résulte de sa conversion au libéralisme économique et de son incapacité, après la chute du mur de Berlin, à définir un projet alternatif de transformation sociale.

En France, depuis le tournant libéral de 1983, la question est posée au Parti Socialiste : inscrit-il toujours son action dans le but de la transformation vers un autre mode d’organisation sociale ou considère t’il le capitalisme comme « l’horizon indépassable » ?

Ou, autrement dit, qu’est-ce qu’être Socialiste aujourd’hui ?

« Celui qui ne consent pas à la rupture avec l’ordre établi,…avec la société capitaliste, celui-là, je le dis, ne peut pas être adhérent du Parti Socialiste ».

La réponse de François Mitterrand, au congrès d’Epinay en 1971, fait écho à celle de Jaurès, dans son célèbre discours sur « les deux méthodes » en 1900: « Le Parti Socialiste est un parti d’opposition continue, profonde, à tout le système capitaliste, c’est-à-dire que tous nos actes…doivent être dirigés vers la suppression la plus rapide possible de l’iniquité capitaliste ».

Le monde a beaucoup changé, mais pas l’exploitation de l’homme qui s’est même enrichie de moyens modernes massivement plus efficaces.
En ce début de siècle, le Socialisme reste cette idée neuve pour la justice sociale, l’égalité entre les hommes et la libération des peuples.
C’est la conviction de nombreux militants, à l’intérieur comme à l’extérieur du Parti Socialiste, qui ne se résignent pas à la faiblesse et à l’impuissance actuelles de la gauche.

Au renoncement et à la soumission, ils entendent toujours opposer le volontarisme politique, la transformation sociale et un véritable internationalisme ; à l’obscurantisme et aux intégrismes de tous poils, le progrès et la laïcité.

Face au libéralisme sous toutes ses formes, ils veulent porter un projet de société, fidèle aux idéaux de la gauche et aux valeurs de la République, adapté aux évolutions sociales, économiques et environnementales de notre temps.

C’est le sens de la refondation socialiste à engager, qu’elle que soit l’issue de la présidentielle, pour redonner toutes ses couleurs à la gauche.

La perspective est enthousiasmante.

Elle suppose cependant que tous ceux qui la partagent puissent enfin et rapidement se retrouver.

Le 19 Mars 2007
Par Forces Militantes 54 - Publié dans : Interventions de Marc DOLEZ
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Samedi 23 février 2008
  Actualités FM
Le 19/02/2007 :
Congrès du Parlement : explication de vote de Marc DOLEZ
Le Congrès du Parlement (Assemblée Nationale et Sénat) s'est réuni, le 19 février à Versailles, pour réviser la Constitution sur 3 points : le gel du corps électoral de la Nouvelle Calédonie, en application des accords de Nouméa de 1998; l'inscription de l'abolition de la peine de mort; la réforme du statut pénal du chef de l'Etat.

Marc DOLEZ a voté pour les 2 premiers textes, mais contre le troisième pour les raisons expliquées ci-après.

Explication de vote de Marc DOLEZ :

" J'ai voté contre la révision constitutionnelle du statut pénal du chef de l'Etat, car cette révision, inutile et dangereuse, est un véritable piège pour la Gauche, comme l'a parfaitement démontré Robert BADINTER, ancien président du Conseil Constitutionnel.

Le Sénat, avec son actuel mode d'élection étant assuré d'être toujours très majoritaire à droite, seule la destitution d'un président de gauche sera possible dans la pratique, jamais celle d'un président de droite !

Pourquoi alors voter une réforme précipitée en fin de législature, sauf à aider Jacques CHIRAC à tenir l'un de ses engagements ?

En réalité cette révision, après celle du quinquennat, renforce l'américanisation d'une 5ème République à bout de souffle, et la gauche ferait mieux, à mon sens, de porter haut et fort le projet d'une 6ème République parlementaire, sociale, et laïque."
Par Forces Militantes 54 - Publié dans : Interventions de Marc DOLEZ
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Samedi 23 février 2008
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CALENDRIER DES INSTANCES -ANNÉE 2008-

Ø     Samedi 26 janvier 2008 de 10 h 00 à 12 h 00 à Malzéville : Bureau Première Séance.

Ø     Samedi 23 février 2008 de 10 h 00 à 12 h 00 à Malzéville : Bureau Deuxième Séance.

Ø     Samedi 29 mars 2008 de 10 h 00 à 12 h 00 à Nancy : Bureau Troisième Séance.

Ø Samedi 5 avril 2008 :

Assemblée Générale Statutaire de 9 h 00 à 13 h 00.

à NANCY la salle vous sera précisée ultérieurement

Ø      Samedi 24 mai 2008 de 10 h 00 à 12 h 00 à Nancy : Bureau Quatrième Séance.

Ø      Samedi 7 juin 2008 de 10 h 00 à 12 h 00 à Nancy : Bureau Cinquième Séance.

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Ø        Dimanche 24 août 2008 de 10 h 00 à 13 h 00 à Douai : Bureau Extraordinaire, en présence de Marc DOLEZ.

Ø   Samedi 20 septembre 2008 de 10 h 00 à 12 h 00 à Nancy : Bureau Sixième Séance.

Ø        Samedi 18 octobre 2008 de 10 h 00 à 12 h 00 à Nancy : Bureau Septième Séance.

Ø        Samedi 22 novembre 2008 de 10 h 00 à 12 h 00 à Nancy : Bureau, huitième séance

Ø    Samedi 13 décembre 2008 de 10 h 00 à 12 h 00 à Nancy : Bureau, neuvième séance
 
 
 
       
Forces Militantes 54, C/O Eric  TOLLÉNAÈRE  - 4, Rue Maurice Barrès - 54220 MALZÉVILLE
http://forcesmilitantes54.over-blog.com - forcesmilitantes54@yahoo.fr

Forces Militantes, "la démocratie en mouvement" - 57 rue de Bellain - 59500 DOUAI
Tél. : 03.27.87.60.65 - Fax : 03.27.87.50.48
Site : www.forces-militantes.org - Mail : contact@forces-militantes.org
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Samedi 23 février 2008

Résolution de Forces Militantes
(adoptée le 6 Octobre 2007)

Réunis en assemblée générale le 6 octobre 2007, les militants de Forces Militantes ont, après examen de la situation politique, arrêté les orientations suivantes.

1)      Cinq mois après la victoire de la droite à l'élection présidentielle, la gravité de la situation exige d'abord l'unité et la mobilisation les plus larges pour résister à la démolition programmée du pacte social et républicain, hérité de la Libération.

La « réforme » des régimes dits spéciaux n'étant que la première d'une longue série contraire aux intérêts de tous les salariés, c'est l'avenir même de notre système de Sécurité Sociale, menacé de privatisation, qui est remis en cause.

C'est pourquoi Forces Militantes appelle à participer massivement à la journée de grève et d'actions du jeudi 18 octobre, décidée par les organisations syndicales.

2)      L'ampleur de l'offensive de la droite exige aussi que l'ensemble des forces de gauche et notamment le Parti Socialiste s'opposent frontalement et sans concession, alors que ce dernier cache mal son impuissance à défendre une autre logique clairement de gauche, que cela soit sur les retraites ou l'université.

Face à l'hyperprésidentialisation du régime, Forces Militantes demande avec insistance que, dans le débat sur la révision de la constitution, les socialistes affirment leur volonté de rompre avec les institutions de la Vème République pour établir une république parlementaire, laïque et sociale, plutôt que de s'engager dans de confuses négociations sur la majorité des 3/5 à trouver au Congrès du Parlement.

3)   Cinq mois après une nouvelle et sévère défaite, au lieu d'en tirer toutes les leçons, le Parti Socialiste s'enlise déjà dans de sombres manœuvres d'appareil, dans la perspective de son prochain congrès.

En réalité, au-delà de ces manœuvres qui se situent à des années-lumière des préoccupations quotidiennes et concrètes des Français, s'affiche de plus en plus clairement la volonté d'accompagner l'économie de marché et de s'aligner sur une social-démocratie européenne, elle-même pourtant en désarroi idéologique.

Pour Forces Militantes, la reconstruction d'une gauche digne de ce nom suppose en préalable l'analyse sans complaisance d'une élection qui paraissait imperdable.  

 
 
 
 
 
…/…
 

Si la droite a gagné, c'est surtout la gauche qui a perdu, faute d'avoir porté un véritable projet de transformation sociale.

Rénovation ne saurait signifier droitisation et renoncement, modernisation signifier abandon de nos valeurs fondamentales.

Cette dérive est mortifère pour le Parti Socialiste.

Dans la fidélité à ses engagements antérieurs, Forces Militantes appelle tous les militants socialistes, indéfectiblement attachés à leur idéal, à se mobiliser pour empêcher la liquidation de leur Parti.

Car être socialiste en 2007, c'est toujours refuser le capitalisme comme horizon indépassable et vouloir un autre mode d'organisation sociale, c'est porter un projet de société, fidèle aux idéaux de la gauche et aux valeurs de la République, adapté aux évolutions économiques et sociales de notre temps.

Refusant tout compromis avec la droite, Forces Militantes demande que la stratégie d'union de la gauche soit clairement réaffirmée à l'occasion des prochaines élections municipales, par la constitution dès le ler tour de listes de rassemblement de toute la gauche, à l'exclusion de toute alliance avec la droite et en particulier avec le Modem au premier comme au second tour.

Aujourd'hui la reconstruction de la gauche suppose aussi une nouvelle synthèse politique pour intégrer le meilleur de la tradition du mouvement ouvrier et des combats républicains avec les nouvelles problématiques de contestation du capitalisme, la question écologique étant indissociable de la question sociale. Cela induit un travail idéologique de grande ampleur.

Dans cette perspective, Forces Militantes porte une appréciation positive sur les réflexions et travaux menés notamment par « Gauche Avenir » et « Maintenant à Gauche » qui rassemblent des militants venus d'horizons différents.

Dans cette perspective aussi, tout comme « Pour la République Sociale » (PRS) et de nombreux militants socialistes, Forces Militantes considère que la question de l'émergence d'une nouvelle force politique à gauche est désormais posée.

Forces Militantes entend participer activement à ces travaux et réflexions et, le cas échéant, s'associer aux initiatives qui en découleront.

6)   Forces Militantes réaffirme enfin son opposition au nouveau traité européen qui reprend l'essentiel de la « constitution européenne », rejetée par le vote du 29 Mai 2005, et que le président de la République veut faire ratifier par la voie parlementaire.

Avec toutes les forces de gauche qui ont assuré la victoire du Non, Forces Militantes refuse que la démocratie et la volonté populaire soient bafouées et exige un nouveau référendum. Cela met en évidence l'urgence d'une véritable alternative citoyenne visant à l'élaboration d'un projet européen à vocation internationaliste.
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Samedi 23 février 2008


Discours de Marc Dolez
envoyé par lfabius

Discours de Marc Dolez, dirigeant de la sensibilité "Forces militantes pour la démocratie et le socialisme" au sein du Parti socialiste, au grand rassemblement des comités de soutien de Laurent Fabius à Pantin, le dimanche 8 octobre 2006.
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Samedi 23 février 2008
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Présentation

Non au Traité de Lisbonne

La Constitution Européenne
Le 07/02/2008 :
Non au Traité de Lisbonne
Comme il l’avait annoncé, Marc DOLEZ a voté deux fois non :

- non à la révision de la Constitution, le 4 février au Congrès du Parlement à Versailles, afin d’essayer d’imposer un référendum (cf. son intervention du 15 Janvier à l’Assemblée Nationale)

- non à la ratification du traité lui-même. Ci-après le texte de son intervention, le 7 février à la tribune de l’Assemblée Nationale :

"Monsieur le président, monsieur le secrétaire d’Etat, mes chers collègues,

Le respect de la souveraineté populaire aurait voulu que le Président de la République et le Gouvernement s’appuient sur la volonté du peuple, exprimée le 29 mai 2005, pour exiger une réorientation économique, sociale et politique de la construction européenne. Tel n’a pas été le cas puisque – personne ne le conteste vraiment aujourd’hui – le traité de Lisbonne est quasiment identique, dans son contenu, au traité rejeté il y a deux ans.

Toutes les raisons de dire non demeurent.

En effet, le cadre ultra-libéral des politiques économiques, monétaires, financières, budgétaires et commerciales reste absolument inchangé. La référence à la « concurrence libre et non faussée » fait ainsi l’objet, avouons-le, d’un tour de passe-passe. Si elle disparaît des objectifs de l’Union, le protocole additionnel n° 6 lui est consacré, et lève toute erreur d’interprétation en disposant que « le marché intérieur (…) comprend un système garantissant que la concurrence n’est pas faussée ». La concurrence reste donc le fil conducteur de la construction européenne, et le libre-échange son horizon indépassable, avec toutes les contraintes qui en découlent : interdiction de toute restriction à la libre circulation des capitaux ; libéralisation des secteurs de l’énergie, des transports et de la poste ; suppression progressive des obstacles au commerce international.

Les services publics, dont on parle beaucoup, font quant à eux l’objet de ce que j’appellerai une mystification. En effet, le protocole n° 9, dont l’intitulé évoque les « services d’intérêt général », ne concerne en fait, dans son contenu, que les « services d’intérêt économique général », lesquels, par les articles 106 et 107 du traité, sont soumis de manière drastique aux règles de la concurrence, ce qui interdit, dans la pratique, toute aide de l’Etat. Je renvoie d’ailleurs ceux qui se feraient encore quelques illusions aux propos qu’a tenus M. Barroso, président de la Commission européenne, le 20 novembre dernier, devant le Parlement européen : celui-ci jugeait « inutile » d’envisager une loi-cadre européenne pour clarifier la place des services publics d’intérêt général.

L’Europe ne dispose pas des outils politiques nécessaires pour maîtriser et encadrer la toute-puissance, ainsi reconnue, des lois du marché. Elle restera donc malheureusement un nain politique.

Il n’y a par ailleurs aucune remise en question de la politique monétaire, et la stabilité des prix fait une entrée remarquée parmi les objectifs de l’Union. L’indépendance de la Banque centrale est confirmée, tandis que le protocole n° 3 prévoit, monsieur le secrétaire d’Etat, que l’Eurogroupe ne se réunira que « de façon informelle ».

Il est désormais impossible de construire l’Europe sociale, puisque toute harmonisation est interdite – je vous renvoie sur ce point aux articles 151 et 153 du traité - , comme est impossible l’harmonisation fiscale, puisque l’unanimité reste la règle en ce domaine, et que chaque pays dispose donc d’un droit de veto. Bref, le traité ne contient rien pour lutter contre le dumping social et fiscal, et donc rien pour lutter contre les délocalisations et le saccage de notre industrie.

Et sur la scène internationale, du fait de l’article 42 du traité relatif à l’Union, l’Europe restera soumise aux orientations militaires et diplomatiques des Etats-Unis puisque c’est dans le cadre de l’OTAN que se concevra sa politique de sécurité et de défense.

Un certain nombre de mes collègues du groupe socialiste en sont convaincus : toutes les raisons de dire « non » demeurent. N’ayant pas obtenu un référendum, certains ont décidé de ne pas participer au vote. D’autres, dont je suis, ont choisi de maintenir leur « non » afin de confirmer celui du peuple français, le 29 mai 2005.

Ce « non », dont nous sommes en quelque sorte les garants, est l’expression de notre ardente volonté d’une autre Europe, démocratique, indépendante et sociale."

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